vendredi 20 mai 2011

André Giordan commet une erreur : il s'en va !

André Giordan commet une erreur : il s'en va !

La tradition veut que lors de son départ un professeur d'université donne une leçon  d'adieu qui est particulière et qui fait une sorte de bilan ou de tremplin vers la suite : chacun marque de son style personnel ce moment fort et souvent émouvant.
leçon d'adieu de         A Giordan
Fig 1 : La leçon d'adieu de André Giordan .  [img]Source : FAPSE

La personnalité originale et parfois irrévérencieuse d'André Giordan, sa carrière centrale dans la didactique des sciences, son positionnement entre recherche très académique et implication dans les écoles  devraient donner à ce moment un relief particulier : il a choisi de la mettre sous le signe d'une réflexion sur l'erreur. Par modestie il mentionne les siennes.

Pour un didacticien la question du statut  de l'erreur est décisive :entre Faute culpabilisante, révélation des conceptions des élèves, point de départ d'une transformation, ou manifestation d'un dysfonctionnement du système éducatif les positions sont très diverses. Et la manière d'aborder les erreurs détermine la manière dont un enseignant aide l'élève à progresser, c'est donc une question cruciale.

Trois citations pour relancer la réflexion.


Pour (J.-P. Astolfi, 1999) l'erreur est moins une faute donnant lieu à une sanction qu'un indice précieux sur les fonctionnements des processus d'apprentissage.

« L'erreur n'est pas seulement l'effet de l'ignorance, de l'incertitude, du hasard (...) , mais l'effet d'une connaissance antérieure qui avait son intérêt, ses succès, mais qui, maintenant, se révèle fausse, ou simplement inadaptée. »   G.
Brousseau G. (1976)

"Le statut de l'erreur diffère selon les conceptions théoriques
  • Selon le behaviorisme, l'enseignement doit viser un apprentissage sans erreur. Ce dernier se réalise par exercice, répétition et renforcement des "bonnes réponses". L'élève est progressivement guidé vers la réalisation d'un objectif (l'apprentissage programmé). L'enseignement dit inductif, qui inspire bon nombre de disciplines, illustre bien cette conception.
  • Selon le constructivisme, l'apprentissage est un processus de réorganisation de connaissances généralement conflictuel (les connaissances nouvelles s'appuient sur des connaissances anciennes qui peuvent être remises en cause). L'erreur témoigne donc des difficultés que doit résoudre l'élève pour produire une connaissance nouvelle ; on évoque alors le fameux conflit cognitif que l'élève doit résoudre. La correction de l'erreur par un élève indique ainsi qu'il a surmonté ces difficultés en construisant une réponse nouvelle.
  • Selon les conceptions issues de la théorie de l'information, les erreurs proviendraient d'un défaut de représentation de la situation, de stratégie de réponse ou d'un contrôle insuffisant." Amigues, R. (2000?).

La position d'André Giordan sera sans doute intéressante : il faudra aller l'écouter !

Leçon d’adieu

André GIORDAN

Mes (ratés, manques, faiblesses,..) = qu'apprendre des "erreurs" pour rebondir ?

MARDI 31 MAI 2011 À 17H 00 SALLE S130 UNI MAIL Bd du Pont-d’Arve 40

André Giordan, professeur de didactique et épistémologie des sciences, a dirigé le Laboratoire de Didactique et épistémologie des Sciences (LDES) qu’il a fondé en 1980. Président de la Commission internationale de Biologie, Éthique et Éducation, expert pour Sciences in Society de la Commission européenne et président fondateur du réseau et des Journées internationales sur la culture, l’éducation et la communication scientifique et industrielle, André Giordan est reconnu comme un pionnier sur le plan international, notamment par l’UNESCO et la Communauté européenne, en éducation au développement durable, en didactique    et    épistémologie    des    sciences.
Ses travaux sur la démarche expérimentale en classe, la prise en compte des conceptions des chercheurs ou des apprenants dans les processus d’élaboration du savoir lui ont permis de créer un modèle didactique dit « allostérique » qui fournit des outils et des ressources pour les enseignants et les médiateurs. Dans ce cadre, il est aussi reconnu pour avoir introduit de nombreuses innovations pédagogiques.
Auteur de 35 livres, dont 4 best-sellers en éducation (Les origines du savoir, L’Enseignement scientifique, comment faire pour que ça marche, Apprendre, Apprendre à apprendre) traduits en 10 langues, y compris le coréen, le japonais et le chinois, André Giordan est considéré un des principaux chercheurs en didactique des sciences en Europe.

Sources

  • Amigues, R. (2000?). Petit vocabulaire raisonné à l'usage des enseignants débutants. from http://recherche.aix-mrs.iufm.fr/publ/voc/n1/amigues1/index.html
  • Astolfi, J. (1997). L'erreur, un outil pour enseigner: ESF.
  • Brousseau G. (1976) Les obstacles épistémologiques et les problèmes en mathématiques. In : (1983) Recherches en didactique des mathématiques. 4(2) 164-198.



Expériment@l, des données authentiques, 3 éclairages!

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